Mondialisation, tourisme de masse et pandémies

mars 19th, 2020 Posted by Le climat 0 comments on “Mondialisation, tourisme de masse et pandémies”

Ce début d’année 2020 aura été marqué par l’épidémie du COVID-19, alias Coronavirus, devenu en quelques semaines une pandémie. Le COVID-19 signifie : COrona VIrus, qui est un virus en forme de couronne, découvert en décembre 2019. L’origine de l’épidémie provient du marché d’animaux sauvages, parfois protégés, de la ville de Wuhan en Chine. Déjà en 2003, le SRAS était venu de Chine. Le SRAS a débuté dans la province de Guangzhou, dans un marché pour animaux sauvages (encore !) où on vend de la civette. On avait alors dénombré 8098 cas dont 5327 en Chine, un taux de létalité de 10%.

L’origine des pandémies provient d’hôtes intérmédiaires

Le SRAS (SARS-CoV) et le COVID-19 (SARS-CoV-2) sont des virus cousins. Ils provoquent chez l’Homme un syndrome respiratoire aigu, la pneumonie. Les personnes ayant le plus de complications sont ceux de plus de 50 ans, présentant de l’obésité et prenant des anti-inflammatoires.

Le réservoir de la maladie provient de la chauve-souris, dont la transmission à l’Homme est passée par un hôte intermédiaire (la civette ou le pangolin).
En Chine, la tradition fait que tout se mange. Tout ce qui marche, tout ce qui vole et tout ce qui nage. Tous les animaux “exotiques” sauvages qu’on ne peut pas élever de manière industrielle sont chassés ou braconnés. On les retrouve alors sur les étales des marchés des métropoles chinoises, surtout du sud, là où cette tradition est forte. Au contact des animaux contaminés l’Homme peut contracter le virus et le transmettre par la toux ou simplement en serrant la main.

Le COVID-19 est parti du marché d’animaux sauvages de Wuhan en décembre 2019, et a contaminé à ce jour 208’000 humains sur toute la planète (le 19/03/2020).

Cette pandémie évolue de manière exponentielle sur tout les continents, avec un taux de létalité de 4,2%

Le mécanisme menant de l’épidémie à la pandémie

Dans ce monde mondialisé, le mouvement intercontinental des marchandises et des hommes est un problème très sérieux. D’une certaine manière, l’Homme est en train de créer une nouvelle Pangée, cette vaste terre qui regroupait jadis tous les continents avant leur séparation. Tous ces flux relient désormais les continents en échangeant les espèces invasives et les maladies.

Au niveau de la biodiversité, il existe de nombreux exemples à cette dérive économiste. Lorsqu’on transfert d’un continent à un autre une espèce qui se retrouve sans prédation dans son nouveau lieu d’implantation, alors comme pour le frelon asiatique, il devient invasif. Cette espèce est capable de tuer et de déstabiliser tout un écosystème.

Les virus suivent le même chemin que les marchandises et l’Homme : les transports aériens, terrestres et maritimes. Pour les contaminations intercontinentales, les transports aériens sont les premiers responsables. En l’espace de 10 ou 20 heures de vol, un virus arrive sur un nouveau continent où il est disséminé petit à petit au fin fond d’un pays. Cet espace-temps est ultra court quand on sait que plus de 10’000 avions volent dans le ciel tous les jours.
Un touriste américain revenant de Chine contaminera au moins 3 personnes dans l’aéroport, puis dans l’avion, puis dans l’aéroport de destination. Dans ce dernier, de nouveaux voyageurs contaminés s’envoleront vers l’Europe, etc.

Le SRAS était en 2003 cantonné à 66% à la Chine qui en était l’origine. Grâce au tourisme de masse et à l’explosion du trafic aérien, c’est 61% des cas qui sont hors de Chine.

D’autres facteurs auront influencé ce chiffre, il ne faut pas oublier que les chinois voyagent de plus en plus depuis les années 2010, ce qui a accru la pandémie de la Chine vers l’étranger.

Les transports aériens ont donc de nombreux défauts :
– accélérer la propagation des virus ;
– déstabiliser les écosystèmes par le transfert d’espèces invasives, non endémiques aux territoires ;
– de polluer la haute atmosphère (stratosphère) durablement en déposant des gaz à effet de serre ;
– ne pas être indispensable au processus de la vie. C’est-à-dire que dans notre monde moderne, on peut s’en passer.

L’expansion inarrêtable du secteur aéronautique doit être fortement compressé et revenir à un trafic passager équivalent à celui de 1980. Le tourisme de masse pourrait alors devenir un tourisme à quota où ceux qui souhaitent voyager seront tirés au sort. Chacun aurait alors sa chance de voyager, qu’il soit riche ou pauvre.
Un transfert de budget pourrait alors s’opérer, si on le décide, en finançant les projets durables de leur conception à leur fin de vie. Donc, financer largement des entreprises vertes et les ONG qui se battent contre le changement climatique et pour la protection de l’environnement. Une nouvelle économie serait alors créée et où l’équité sociale serait respectée.

Le réchauffement climatique engendrera des pandémies inédites

Le réchauffement climatique, créé par l’Homme et ses activités, aura dans les années qui viennent des conséquences inédites. Le COVID-19 est un virus plus ou moins connu. Mais de nouveaux apparaitront sous des formes incurables et dont la contamination sera très volatile dans l’air.
Les conséquences du réchauffement mondial a un impact très fort sur les zones au delà des cercles polaires. Là-bas sont enterrés des virus très anciens pouvant dater de plusieurs milliers d’années. Ils aujourd’hui encore conservés dans la glace, mais le réchauffement de la planète va libérer tous ces virus inconnus à l’Homme moderne.

L’exemple le plus pertinent est la contamination des Amérindiens par l’Homme européen lorsqu’il est arrivé sur leur territoire de manière invasive. Les Autochtones ont été confrontés à des virus qu’ils n’avaient jamais rencontrés sur leur continent. Leur population a été décimée car leur métabolisme n’a pas pu répondre à cette attaque virale.

Dans les terres gelées, ces nouveaux virus attaqueront l’Homme. Aucun individu de notre espèce sur la planète n’aura de parade auto-immune pour se défendre.
Sur la période 1918 – 1920, la grippe dite espagnole (H1N1), qui serait en fait originaire du Kansas (Etats-Unis) a été un virus très virulent. Il aurait fait jusqu’à 100 millions de morts dans le monde. Ce virus est pourtant encore présent dans les cimetières des pays proches du cercle arctique. Il suffirait que leur tombe dégèle pour libérer à nouveau ce virus…

Le danger est donc bien présent. Il aura dans les années qui viennent, on ne parle pas de décennies, des formes très inédites.

Les gouvernements décident le confinement pour éviter la propagation du virus, et aussi malgré eux, le climat de 2020

Les actions décidées à la COP21 de Paris pour la sauvegarde du climat et surtout de la viabilité de notre planète Terre devaient se mettre en application dès 2020, dans l’objectif de voir une inversion de la courbe de la pollution dès 2025. Cet objectif trop audacieux pour les gouvernements suivait la trajectoire du zéro changement et non du zéro carbone.

Face à la pandémie, le gouvernement chinois a décidé le premier le confinement du foyer du virus. Puis, le nord de l’Italie, la France, … En Europe, seul le Royaume-Uni n’a pris aucunes mesures, arguant l’immunité collective. Les Pays-Bas eux ont fermé seulement les lieux publics et ont exlu le confinement total de la population. Quasiment tout le Monde s’est confiné et a fermé ses frontières en deux mois. Malgré les décès prématurés qu’on peut que déplorer, le COVID-19 aura le mérite d’être l’élément déclencheur de la décroissance et de la dépollution de la planète avec une rapidité inattendue.

On observe aussi en Europe le même effet, même si les mesures de confinement et d’arrêt des entreprises ont été moins claires :

L’arrêt des économies a eu un impact direct sur les places boursières, avec un krach boursier et l’explosion de la bulle spéculative :

Face à la mondialisation, il faut réussir à se démondialiser. Cette solution pérenne offre une meilleure stabilité aux activités humaines, une meilleure protection à la biodiversité. Les distances entre un fournisseur et un client se réduiraient. Les pollutions et les contaminations seraient mieux maîtrisées. La confiance entre les acteurs serait meilleure, et le tissu économique serait plus fort, plus résilient. Le tourisme devra être aussi plus local et intracontinental.
La pandémie sera, nous l’espérons, la prise de conscience collective pour la protection de la Terre. L’Homme fait partie de la biodiversité, il est autant vulnérable qu’elle, prenons-en soin.

 

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